mardi 14 avril 2009

Melting-pot

New York a toujours représenté la ville du multiculturalisme par excellence. Des centaines de nationalités s'y côtoient au quotidien.

Le service dans lequel je travaille reflète parfaitement cette facette. Je travaille donc au quotidien avec des infirmières venant du monde entier : Allemagne, Pologne, Ukraine, Australie, Corée, Philippines, Zambie, Pérou, Jamaïque, Liberia, Etats-Unis, Inde et France. S’ajoute à cette diversité culturelle, une différence en terme d’années d’expérience, de deux à trente cinq ans, pour certains au sein du même service. C'est un milieu extrêmement enrichissant, on apprend sur la culture de l'autre, sur la pratique infirmière dans les autres pays et l’on goûte même aux plats locaux (ah l'oxtail jamaïcain !! « my favorite » comme on dit ici). C'est pour moi un vrai laboratoire d'observation. Voilà quelques-unes de celles-ci :

Les infirmières américaines, par exemple, ont tendance à être aussi beaucoup plus familières avec leurs patients que nous le sommes en France. Habituée à vouvoyer mes patients, ça a été un choc pour moi de les entendre appeler leurs patients non seulement par leurs prénoms mais par des « sweetie », « darling » et autres petits noms. Pour ma part, je continue à m'adresser à eux en disant Mister ou Mrs Untel. Ça me rappelle un oral du concours d'entrée d'école d'infirmière dont le sujet était le tutoiement et vouvoiement des patients. Je crois que ça en ferait sursauter plus d'un de s'entendre appeler « chéri » et se faire tutoyer lors d'un séjour à l'hôpital en France, mais ici cela semble naturel.

Un autre jour, je n'ai pas compris pourquoi une de mes collègues philippines s'est sentie autant offusquée lorsque, passant devant la chambre d'une patiente qui n'avait pas sa sonnette à portée de main, celle-ci l'a appelé en pointant son index dans sa direction. J'ai compris plus tard, qu’aux Philippines, ce geste est uniquement utilisé pour appeler les animaux.

Hier encore, dimanche de Pâques, une secrétaire originaire des Caraïbes est arrivée dans le service peu après 9h alors qu'elle d'ordinaire doit être présente dès 8h. Motif de son retard : elle est allée à la messe avant de venir travailler. La ponctualité n'est déjà pas la principale de ses qualités, mais là, elle a vraiment fait fort ! Elle nous a expliqué que Dieu la pardonnerait pour son retard. Et dire qu'elle a repris des études pour devenir infirmière ; je l'imagine très bien débarquer en retard tous les matins pensant que Dieu s'occupe de ses patients à sa place...

Mon lieu de travail est un véritable «melting-pot». Malgré toutes nos différences, notre but est le même : «patient first». Même si ça peut être difficile par moment, je profite à fond de cette expérience unique et j’adore me lever le matin pour aller travailler !

1 commentaire:

Mélissa a dit…

C'est vrai, travailler ailleurs est très enrichissant!
Pour revenir au tutoiement des patients, j'ai vécu la même chose mais en sens inverse.
Je suis arrivée sur paris pour travailler in y a un an. Avant cela je travaillais en Guadeloupe et là bas aussi, le tutoiement est fréquent! Arrivée à Paris, c'est vrai que j'ai dû m'habituer au changement!